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  ARCHIVES :


   Festival de Dhumji  (2010)

L’un de nos étudiants, Lhakpa Nuru Sherpa, nous parle du Dhumji, festival religieux et traditionnel, vieux de 200 ans, célébré dans la région de l’Everest à la mémoire d’un grand saint Lama Sange Dorji, et auquel sa famille et lui ont activement participé cette année.

« Le Dhumji Festival a lieu tous les ans en juin ou juillet et dure cinq jours. Il est organisé chaque année par dix familles hôtes issues d’une même communauté villageoise Sherpa. Ces familles changent chaque année, le cycle de rotation va de 10 à 20 ans selon le nombre de familles de la communauté. Chaque année deux familles prennent en charge une même journée. Cette année, cela se passait dans mon village à Kundé.
Les Sherpa veulent une belle fête, et cela revient cher. Il y a un intense côté religieux. On honore le grand Lama, avec prières, rituels et danses masquées. Cela apporte paix et prospérité au village. Mais on fait aussi la fête. Les habitants soignent la décoration de leurs maisons et se vêtent d’habits traditionnels, parfois neufs, pour faire honneur à la riche culture du pays sherpa. Et bien sûr on mange et on boit beaucoup : on déguste de délicieuses recettes traditionnelles, du riz est distribué à tous, et on fait honneur aux boissons. Le Grand Lama inaugure le festival le premier jour. Toute la communauté est rassemblée dans la Gompa, les moines prient pour la paix et la prospérité de tout le village. Le second jour, un moine exécute une danse avec le masque de Khumbi-La, un dieu du Khumbu. Durant le troisième et le quatrième jour il y a des rituels et des danses masquées célébrées par les moines. Cette année, cela m’a donné l’occasion de rencontrer beaucoup de monde : cousins, parents, amis d’enfance. Il m’a fallu travailler pendant toute une semaine, en transportant maints colis, en veillant à la préparation des plats à laquelle officiait ma sœur, en ayant l’œil sur les prêts obtenus, qui sont autant de remboursements à venir. Cela fait vingt ans que ma famille n’avait pas organisé ce festival. Pour moi, ce fut la première fois et une formidable expérience. Un des plus beaux moments de ma vie et de ma famille La journée qui incombait à ma famille et donc beaucoup à moi-même a été particulièrement réussie et nous avons fêté notre succès avec tous ceux qui nous avaient aidés. J’ai vécu des moments de très grande convivialité, beaucoup appris concernant notre culture et notre religion sherpa et reçu la bénédiction de notre Lama».



   L'enseignement au Népal    (2009)

Dans ce pays de 28 à 29 millions d’habitants, il y a 8 à 10 millions d’enfants d’âge scolaire (dont 2 à 3 M à Kathmandu). (Notez l’approximation des chiffres…)
On peut distinguer 4 niveaux de classes, les classes :
  • 1 à 5 représentent le niveau primaire
  • 6 à 8 représentent le secondaire inférieur
  • 9 et 10 représentent le secondaire normal
  • 11 et 12 représentent le secondaire supérieur (plus proche du système scolaire que
    du système universitaire)
A la fin de la classe 10, les élèves peuvent prétendre à l’acquisition du SLC ou School Living Certificate.
Les écoles gouvernementales, réparties dans tout le pays, sont gratuites, pauvres, tant en professeurs (mal payés, pas toujours motivés, souvent abandonnés à eux-mêmes) qu’en équipement. Nombre de ces professeurs ont vivement souffert -moralement, physiquement- durant les dures années de conflit entre pouvoir légal et forces insurrectionnelles.
Il y a de 15 à 80 (!) élèves par classe. Au niveau national, moins de 50% des élèves de la classe 1 atteignent la classe 5, et moins de 10% de ces mêmes élèves de cette même classe 1 atteignent la classe 10.
Les écoles privées sont en très grand nombre. Elles accueillent 1,5 million d’élèves et sont particulièrement présentes à Kathmandu. Payantes, et donc non accessibles à toute la population, elles procurent une formation de niveau très variable mais qui peut être de bonne qualité. Elles sont le domaine privilégié du « secondaire supérieur » (cl. 11 et 12).
Ces toutes dernières années, les nouveaux pouvoirs, issus des mouvements révolutionnaires ont appliqué une forte pression sur les écoles privées pour faire baisser les tarifs. Cela a provoqué ici et là quelques déstabilisations.
Cependant la nouvelle majorité qui gouverne le pays affiche sa ferme volonté de promouvoir l’éducation. La mise en œuvre de cette volonté devrait néanmoins prendre beaucoup de temps. Il y a de fortes contraintes et handicaps à remonter, tels l’éducation des filles, la scolarisation en milieu essentiellement rural et particulièrement dans les régions montagneuses, et autres.
Pour les années futures, le progrès sera difficile mais ne peut pas ne pas être. Alors, confiance ? !



   Le Mandala   

Le mandala est un terme sanskrit signifiant cercle, et par extension sphère, environnement, communauté.
Il peut servir de support à la méditation. Certains mandalas, très élaborés et codifiés sont semi-figuratifs, semi-abstraits. Les couleurs et les symboles dans un mandala tibétain s’adressent au mental de celui qui le contemple.
C’est aussi un support d’instruction. Il aide le disciple, conduit par son maître à débusquer ces passions obscurcissantes qu’il convient de chasser.
Le mandala de Kalachakra ou Roue du Temps a toujours fait l’objet d’un culte important au Tibet où on le réalise avec des sables colorés, œuvre éphémère qu’on disperse dans l’eau d’une rivière après des jours de réalisation par quatre moines placés aux quatre points cardinaux.
Le Dalaï-Lama dit lui-même que l’initiation du Kalachakra, l’enseignement de sa structure et de ses symboles, qui se fait toujours à la pleine lune et l’une des plus importantes du bouddhisme car elle prend tout en compte: le corps et l’esprit humain, l’aspect extérieur total cosmique et astrologique. Par sa pratique complète, il est possible de réaliser l’Eveil en une seule vie. Il dit encore: « nous croyons fermement en son pouvoir de réduire les tensions, nous l’estimons apte à créer la paix, la paix de l’esprit et par conséquent la paix dans le monde. »
L’essentiel est que le mandala opère, qu’il agisse sur les ingrédients subtils de la conscience. Faire un mandala pour les Tibétains, c’est favoriser la paix en chacun et sur terre.



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